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LA COUP EST PLEINE » : OUI, TROP D’INJUSTICE, TROP DE PRISONS, TROP DE SILENCE

Kamel Jendoubi  |  Publié le 25/05/2026 17:32

La nouvelle condamnation de Sonia Dahmani est un acte de vengeance contre une femme libre dont le seul crime est d’avoir parlé quand tant d’autres étaient sommés de se taire.

Depuis des mois, le pouvoir s’acharne contre Sonia Dahmani avec une brutalité qui ne trompe plus personne.

Affaires montées les unes après les autres. Procès à répétition. Condamnations successives.

Prison. Humiliations. Privations. Acharnement carcéral et judiciaire.

Tout cela pour quoi ?

Pour une opinion.

Pour des paroles prononcées sur un plateau de télévision ou à la radio.

Pour avoir dénoncé le racisme, les violations des droits humains, les conditions de détention, l’arbitraire et la destruction méthodique des libertés en Tunisie.

Le pouvoir croyait pouvoir l’écraser par la peur.

Mais Sonia Dahmani est devenue tout ce qu’il redoute : un symbole vivant de résistance et de dignité.

Ils l’ont arrêtée comme on arrête une criminelle dangereuse, en faisant irruption à la Maison de l’Avocat avec des policiers cagoulés dans une scène de terreur indigne d’un État de droit.

Ils l’ont enfermée dans des conditions inhumaines : froid, faim, absence de soins, humiliations, isolement, violences psychologiques. Ils ont voulu briser son corps pour faire taire sa voix.

Mais ils ont échoué.

Parce qu’il y a des femmes que les prisons rendent encore plus grandes.

Parce qu’il y a des regards que la peur n’arrive plus à baisser.

Parce qu’il y a des sourires qui deviennent des accusations permanentes contre les bourreaux.

Kaïs Saïed déclarait récemment : « بلغ السيل الزبى » — « la coupe est pleine ».

Oui, la coupe est pleine.

Pleine d’injustice.

Pleine de prisons.

Pleine de magistrats transformés en instruments de répression.

Pleine d’un pouvoir obsédé par le silence et incapable de supporter la contradiction.

La coupe déborde surtout de colère face à cette dérive autoritaire qui transforme la Tunisie en pays où l’on emprisonne des femmes et des hommes pour des mots, des idées et des opinions.

Chaque nouvelle condamnation de Sonia Dahmani est une honte supplémentaire infligée aux derniers principes de liberté et de dignité que le pouvoir tente encore de piétiner en Tunisie.

Chaque procès d’opinion précipite un peu plus le pays dans la dictature, la peur et l’écrasement systématique des libertés.

Chaque silence face à cette répression devient une forme de complicité avec l’arbitraire.

Nous refusons de nous habituer. Nous refusons de normaliser l’arbitraire.

Nous refusons de regarder une femme être détruite lentement parce qu’elle a refusé le mensonge et la soumission.

Nous exprimons notre solidarité totale, entière et inconditionnelle avec Sonia Dahmani, avec sa famille, avec tous les prisonniers d’opinion et avec toutes celles et ceux qui continuent de résister malgré la peur.

Nous saluons également avec force le combat de Maître Sami Ben Ghazi, dont la détermination, le courage et l’engagement honorent la profession d’avocat et rappellent que la défense des libertés n’est pas un slogan mais un combat quotidien.

L’histoire retiendra les noms de ceux qui ont résisté.

Elle retiendra aussi les noms de ceux qui ont condamné, humilié et emprisonné une femme pour avoir dit la vérité.

Et ce jour-là, Sonia Dahmani sera du côté de l’honneur.

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